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Togo : la consommation locale, une obligation génétique, selon M. agbalenyo kossi

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Vue partielle du DG de l'ONG AGIDE

La consommation locale n’est pas une option facultative, mais une obligation génétique, c’est du moins ce qui ressort de l’exposé que Mr AGBALENYO Kossi a présenté à l’ouverture de la réunion du 05 Octobre 2019 au siège de l’ONG AGIDE à Davié, destinée à réfléchir sur la consommation locale.

D’après le biologiste, l’alimentation de nos aïeux a influencé la mise en place de leur génome.

Selon le Dr Boyd Eaton et bien d’autres chercheurs, nos gènes, qui n’auraient quasiment pas évolué depuis la préhistoire, conditionnent nos besoins alimentaires.

L’analyse des ossements retrouvés par les anthropologues, ainsi que l’étude des populations qui vivent encore sur le mode préhistorique (les Aché au Paraguay par exemple), permet d’affirmer que les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur jouissaient d’une bonne santé : minces, musclés, sans ostéoporose et déjà très grands pour l’époque puisque les hommes mesuraient 1,70 à 1,80 m.

Leur alimentation a radicalement changé avec l’apparition de l’agriculture.  De même, la santé  de nos ancêtres s’est dégradée dès l’époque néolithique, marquée il y a 10 000 ans par l’avènement de l’agriculture ; certains types de maladies sont apparus (ou leur fréquence a explosé ) au néolithique.

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Mais peu à peu, une véritable adaptation du génome est entrain de s’opérer au cours des siècles. Mais force est de constater que, depuis une  soixantaine (60) d’années, l’arrivée dans nos assiettes de nourriture industrielle coïncide avec une flambée de l’obésité et de maladies métaboliques ( diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires…).

Nous naissons avec un génome fortement influencé par l’alimentation de nos parents. Tout changement ou tout écartement du régime de nos parents a directement des répercussions négatives sur notre état de santé. Il estime que certaines molécules présentes dans l’alimentation moderne sont la cause de plusieurs maladies dites de maladies de civilisation.

Quand elles parviennent dans notre tube digestion, elles y créent beaucoup de dysfonctionnements, car notre génome n’a pas conçu des enzymes pour les digérer.

Elles parviennent à traverser la barrière intestinale (fragilisée pour diverses raisons, dont la mauvaise qualité générale de l’alimentation), et à passer dans l’organisme. Comme ces molécules n’ont jamais été présentes dans l’alimentation de nos aïeux depuis le néolithique, nous [nos enzymes] ne sommes pas capables génétiquement de les gérer [cataboliser] parfaitement.

Il en ressort un bouleversement général du métabolisme à l’origine de beaucoup de maladies dites Maladies Non Transmissibles au maladies de métabolisme comme le cancer, le diabète, les rhumatismes, les troubles cardio-vasculaire….

Revenant sur ses propres expériences, l’orateur rapporte à l’auditoire qu’avec son BAC, il quitta ses parents pour vire à  Lomé. Sur-gonflé par le rappel de quatre (4) mois de bourse en janvier 1991, il trouva enfin l’occasion de vivre à la l’occidental.

Mais très vite, les problèmes de santé l’ont accablé. De l’hôpital de CNOU au CHU Sylvanus Olympio, aucune analyse n’a pu révéler la cause de ses souffrances.

Tous les traitements proposés n’ont pas eu d’effet. Il n’a eu vie  sauve que grâce à une suggestion banale d’un électricien auto à Tsévié Wagba :  Il faut changer ce que tu manges à Lomé pour voir si ta santé peut s’améliorer.

Deux semaines après son retour à Lomé, il pris la résolution   de ranger de côté tous les produits manufacturés qu’il avait dans sa chambre.

Il se mit à manger les aliments qu’il avait l’habitude de manger chez ses parents. Et comme par miracle, il fut ainsi remis de tous le maux de santé qui le faisait souffrir. C’est alors qu’il passa une longue partie de sa vie à étudier les relations entre la santé et l’alimentation.

Il s’est inspiré de  plusieurs cas observés à travers le monde comme par exemple , les déplacements des peuples ou les migrations des Chinois, des africains vers l’occident et le lien avec leurs problèmes de santé.

Il n’a pas manqué de signaler le cas de déplacement des peuples de l’intérieur du Togo vers la capitale ou la rupture avec les régimes alimentaires des parents conduisent bons nombres de cadres togolais à mourir prématurément.

Il a ensuite insisté sur la nécessité de revoir les pratiques agricoles en cours dans le pays, de promouvoir les pratiques de l’agro-écologie qui constituent la seule  production des aliments locaux sains.

Il a  terminé son exposé en lançant un appel aux participants de clamer haut et fort à leurs frères de près ou de loin que « la consommation locale n’est pas une option facultative, mais une obligation génétique ».

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