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Consommation et santé publique environnementale : A quand l’ élimination des croupions de dinde du marché togolais?

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Les croupions de dinde, connus en vernaculaire sous le nom de « adokougbi », sont interdits au Togo et cela depuis 2004. En effet, par un arrêté n°17/MAEP/SG/DEP pris le 27 juillet 2004, le ministère en charge de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche a proscrit les croupions de dinde au Togo. Cet arrêté dispose explicitement, aux termes de son article 1er, que l’importation, l’entreposage et la distribution des croupions de dinde sous toutes ses formes sont interdits sur toute l’étendue du territoire national. Et l’article 2 d’ajouter : tout contrevenant à la disposition de l’article 1er s’expose aux sanctions prévues par la loi.

A travers ce texte, le Gouvernement a entendu lutter contre le danger que présente pour la population la consommation des croupions de dinde. C’est donc une mesure de santé publique. Face aux risques d’affections cancérigènes susceptibles de résulter de l’ingestion de cette partie de la dinde qui serait souvent bourrée de produits chimiques, notamment de résidus d’hormones de croissance injectées à l’animal, cette interdiction était bienvenue.

Cependant, plus de 17 ans après l’entrée en vigueur de leur prohibition, les croupions de dindes continuent d’être importés, entreposés et distribués (commercialisés notamment) un peu partout au Togo. Il n’est pas rare d’en trouver même sur les étalages des bonnes dames vendeuses de nourritures, dans les marchés, aux abords des voies publiques, et beaucoup de consommateurs en raffoleraient vraisemblablement.

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Pourtant, en son article 3, l’arrêté ministériel d’interdiction avait clairement missionné le directeur de l’élevage et de la pêche pour veiller à son exécution. C’est ainsi qu’en  février 2014 par exemple, quatre cent cartons de croupions de dinde saisis par une cellule de contrôle mise en place à cet effet avaient été incinérés à Adétikopé.

Toutefois, cela n’a de toute évidence pas suffi à dissuader les opérateurs véreux qui ont continué d’importer et commercialiser les croupions de dinde au Togo, en violation de l’arrêté du 27 juillet 2004.

Dans ces circonstances, le Gouvernement était monté de nouveau au créneau, le 29 septembre 2020, par un communiqué du ministre de l’agriculture, de l’élevage, de la production animale et halieutique de l’époque, pour rappeler à toutes les parties prenantes de la filière que l’arrêté du 27 juillet 2004 susmentionné était toujours en vigueur et qu’il était impératif de le respecter. Après avoir souligné le caractère cancérigène et impropre à la consommation des croupions de dinde, ledit communiqué mettait en garde, par la même occasion, tous les opérateurs indélicats, en précisant que des instructions fermes seraient données aux services techniques pour redoubler de vigilance et sévir conformément aux dispositions légales.

En dépit de cette mise en garde ferme, force est de constater que le adokougbi continuent de pénétrer le marché national, d’être commercialisé et consommé au Togo. Il est donc indispensable que le Gouvernement prenne les mesures qui s’imposent pour rendre effective et efficace cette interdiction pour le bien de toutes et tous. Aussi, urge-t-il de sensibiliser davantage les populations et les opérateurs économiques du secteur sur les menaces que font peser les croupions de dinde sur la santé humaine.

MOUGUE Bibi Pacôme

Juriste environnementaliste


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