Le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), a publié ce lundi 4 avril un nouveau rapport sur les effets du réchauffement climatique.
Le document rendu public a détaillé les différentes solutions techniques, mais parmi les pistes sur la table, il y a des réflexions sur l’évolution du modèle agricole et la place de l’élevage, qui est très émetteur de gaz à effet de serre et il y a le captage de CO2, soit de façon technique (en le filtrant à la sortie des cheminées d’usine par exemple), soit de façon naturelle, en développant des puits de carbone via la végétation, et en luttant contre la déforestation.
Le groupe de chercheurs réuni par l’ONU indique que les nations ne font pas assez pour empêcher le réchauffement climatique d’atteindre des niveaux dangereux au cours de la vie de la plupart des habitants actuels de la Terre.
Autre information importante à préciser, c’est l’objectif de limiter le réchauffement à +1,5ºC qui est « hors de portée ».
A en croire les experts, il faudra oublier le seuil symbolique de limiter le réchauffement à +1,5ºC décidé lors de l’Accord de Paris en 2015. Ils soulignent que cet objectif est « hors de portée » avec les engagements internationaux actuels.
Selon leurs explications, les politiques actuelles ouvrent la voie à un réchauffement de 3,2ºC d’ici à la fin du siècle.
Un réchauffement à +1,5ºC peut sembler modeste, mais ce nombre représente une multitude de changements radicaux qui se produisent lorsque les gaz à effet de serre emprisonnent plus de chaleur à la surface de la planète, notamment des tempêtes plus meurtrières, des vagues de chaleur plus intenses, la montée des eaux et une pression supplémentaire sur l’agriculture. La Terre s’est déjà réchauffée d’environ 1,1ºC en moyenne depuis le XIXe siècle.
Pour tenir l’objectif de +2ºC, il faudrait réduire chaque année les émissions comme en 2020, année exceptionnelle où une bonne partie de l’économie mondiale s’est arrêtée en raison du Covid-19 et où une grande partie du monde était confinée.
Limiter les dégâts n’est pas impossible
« Certains gouvernements et responsables d’entreprises disent une chose et en font une autre. Pour le dire simplement, ils mentent », a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, en qualifiant « d’accablant » le nouveau rapport du Giec sur les scénarios pour limiter le réchauffement et ses impacts. Limiter la dévastation ne sera pas facile, mais ce n’est pas non plus impossible si les pays agissent maintenant, indique le rapport.
Le Giec indique également que « l’utilisation d’acier, de ciment et de plastique est globalement en hausse à travers la planète, si bien que les « processus de production vont devoir être revus en profondeur ». Le but : fabriquer mieux en utilisant de l’électricité décarbonée, de l’hydrogène ou des biocarburants tout en ayant une véritable gestion de son empreinte carbone.
L’utilisation des énergies fossiles doit être très fortement réduite d’ici à 2050 pour tenir l’objectif majeur de l’Accord de Paris. L’usage du charbon devrait même être totalement stoppé et ceux du pétrole et du gaz réduits de 60 % et 70 %, respectivement, d’ici à 2050 par rapport aux niveaux de 2019, la « quasi-totalité de la production mondiale d’électricité devant provenir de sources zéro ou bas carbone », estime le Giec.
Il faut aussi espérer que l’ensemble des bâtiments, rénovés ou à construire, soient neutres d’ici à 2050. Cela va coûter cher, mais l’énergie verte devient plus abordable
Les experts du Giec soulignent notamment que « le coût global de la limitation du réchauffement à +2 ºC au cours du XXIe siècle est inférieur aux avantages économiques mondiaux de la réduction du réchauffement ». Concrètement, les investissements nécessaires coûteraient donc moins cher que les dommages économiques provoqués par la crise climatique.
Les prix de l’énergie solaire et éolienne, et des batteries de véhicules électriques, ont considérablement baissé depuis 2010, selon le rapport. Il peut maintenant être « plus coûteux » dans certains cas de maintenir des systèmes énergétiques hautement polluants que de passer à des sources propres.
GIEC/Réchauffement climatique : Un résumé destiné aux décideurs bientôt divulgué
Le monde doit investir trois à six fois plus qu’il ne dépense actuellement pour atténuer le changement climatique s’il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5 ou 2ºC.
Alors que les nations abandonnent les énergies fossiles, certaines perturbations économiques sont inévitables, note le rapport. Des ressources seront laissées dans le sol non utilisées ; les mines et les centrales électriques deviendront financièrement non viables. L’impact économique pourrait se chiffrer en milliers de milliards de dollars, selon le rapport.
Même dans ce cas, le simple fait de maintenir en état de marche les infrastructures de combustibles fossiles prévues et existantes pompera suffisamment de dioxyde de carbone dans l’atmosphère pour qu’il soit impossible de maintenir le réchauffement en dessous de 1,5 degré, indique le rapport.
Dans l’ensemble, ce sont les peuples les plus riches et les nations les plus riches qui réchauffent la planète. Dans le monde, les 10 % des ménages les plus riches sont responsables d’entre un tiers et près de la moitié de toutes les émissions de gaz à effet de serre, selon le rapport. Les 50 % des ménages les plus pauvres contribuent à environ 15 % des émissions.


