La hausse de la température de l’eau dans les bassins aquacoles provoque une explosion de maladies microbiennes chez les poissons et un usage croissant d’antibiotiques, menant à l’émergence de résistances chez les pathogènes, prévient une étude publiée dans Nature communications.
Depuis le début du siècle, la production aquacole excède les prises d’animaux sauvages dans les océans. Poissons, crustacés (avec la crevette comme produit phare), coquillages sont désormais majoritairement issus de fermes.
Selon l’organisation onusienne pour l’alimentation (FAO), l06 millions de tonnes ont été produites en 2015 pour une valeur de 160 milliards d’euros. “Et avec la croissance de la population, ce secteur va encore croître de 62 % d’ici à 2030 alors que la consommation de produits aquatiques va augmenter de 27 %” prévient Rodolphe Gozlan, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), coauteur de l’étude publiée dans Nature communications.
Ainsi, sans l’aquaculture, les pays de l’Asie du Sud-Est auraient eu beaucoup de difficultés à fournir les nécessaires apports en protéines animales aux 130 millions d’habitants supplémentaires enregistrés depuis 2010.
La pêche et l’aquaculture, des protéines nobles pour la couverture des besoins alimentaires
Au Togo, le secteur pêche et aquaculture contribue à 4% au PIB agricole et emploie plus de 10 000 pêcheurs, 12 000 mareyeuses et transformatrices de poissons et 100 exploitants de fermes piscicoles. Malgré cette importance relative du secteur, il reste confronté à certaines difficultés notamment la rareté d’intrants piscicoles de qualité, la faible technicité des pisciculteurs et l’insuffisance des agents d’encadrement spécialisés.
Le pays dispose d’un réseau hydrographique constitué par trois bassins versants (Volta, Mono et Lac-Togo) d’une superficie totale de 55 900 km² et d’une quantité non négligeable d’eaux souterraines.
Il jouit d’un climat intertropical très favorable à l’élevage de beaucoup d’espèces de poissons et les taux de pluviométries dépassent parfois 1500 mm.
L’existence de ces sources d’eau et de ce climat favorable constitue de grands atouts pour le développement de la pêche et de l’aquaculture
La pêche est pratiquée en mer et au niveau continental sur les cours d’eau, lacs, lagunes, barrages et mares. La pêche artisanale maritime est la plus développée de par l’effectif des acteurs (plus de 8000 contre 22 000 au niveau national) que la production (Plus de 80 % de la production annuelle proviennent de la pêche artisanale maritime). Au niveau continental, les activités de pêche sont importantes sur le lac de Nangbéto (18 000 ha), le barrage de Koumfab (400 ha) et le système lagunaire (6400 ha). Les principaux engins de pêche utilisés sont les filets maillants, les sennes, les éperviers et les nasses.
L’aquaculture a été introduite au Togo en 1954 par l’entremise du Centre Technique Forestier Tropical français (CTFT) et le service des eaux et forêts. Depuis lors elle est essentiellement pratiquée, soit en étangs et/ou en bacs de ciment, soit par l’exploitation de barrages et/ou retenues d’eau.
La pisciculture ou l’élevage de poisson est le principal type d’aquaculture pratiqué sur toute l’étendue du territoire national togolais. La principale espèce élevée est le tilapia, il s’agit essentiellement de l’Oreochromis niloticus ou Tilapia du Nil. On note aussi la présence d’espèces autochtones (Tilapia zillii, Clarias gariepinus Heterobranchus longifilis et Heterotis niloticus) dans les retenues d’eau.
Les modes de pisciculture actuellement en cours au Togo sont (i) l’élevage en étangs et/ou en bacs de ciment et (ii) l’élevage en cage et (iii) l’exploitation des retenues d’eau.
On dénombre à ce jour, un total de 104 exploitations piscicoles pratiquant l’élevage en étangs et/ou en bacs ; avec 346 étangs / bacs totalisant une superficie de 18, 70 ha dont 5, 75 ha fonctionnels.
La part de la pisciculture dans la production nationale halieutique est évaluée à 30 tonnes de poissons/an. Cette production qui ne représente que 0,13 % de celle nationale est de surcroît en baisse d’année en année.
L’élaboration de la carte de potentialité aquacole du Togo avec le soutien de la FAO en 2014 a permis de disposer d’une banque de données de la filière aquacole qui est un outil indispensable pour planifier les interventions de manière efficiente en cohérence avec la politique nationale et le plan d’action du secteur.
Edem K.














