« PestiBio » est le bio-insecticide homologué par le ministère togolais de l’agriculture. Il est autorisé pour lutter contre la chenille légionnaire d’automne, un redoutable ravageur en Afrique, a-t-on appris. 100% biodégradable, la solution permet de réduire les pertes enregistrées dans les cultures maraîchères, de maïs et de riz entre autres. Un pas pour renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Togo.
En d’autres termes, « PestiBio » est un concentré qui permet surtout de lutter contre les ennemis des cultures que sont les insectes et les chenilles dont la chenille légionnaire sur les céréales (maïs, riz, sorgho etc.). Quant à la question de savoir si le produit n’a pas d’impact négatif sur l’environnement, la société distributrice du produit au Togo, ATDPE Sarl, confie à Vert-Togo qu’il s’agit d’une alternative pour limiter l’usage des produits chimiques aux conséquences néfastes pour la santé humaine et sur l’environnement.
« Ses matières actives sont des extraits d’huile de plantes. C’est un produit 100% biologique qui a suivi les étapes d’expérimentations jusqu’à l’obtention de l’homologation du ministère de l’Agriculture. Techniquement, le bio-fongicide et nématicide est obtenu à base d’extraits de Maleleuca alternifolia et Thymus vulgaris. Ce qui tue les insectes et autres ravageurs par contact. Il offre une protection réelle des plantes et une sécurité aux utilisateurs tout en demandant des mesures minimales de protection. », indique l’un des responsables de la Société. De fait, non seulement la toxicité du produit est réduite, mais la sécurité pour l’utilisation à proximité des animaux est de mise avec une absence de résidus sur les végétaux et le sol.
Son utilisation
Il faut en moyenne 2 litres pour traiter un hectare. Diluer 500 ml dans un pulvérisateur de 16 litres, pour les traitements curatifs. En cas de prévention, diluer 250-300 ml de PestiBio dans un pulvérisateur de 16 litres pour le traitement. Le traitement varie selon le degré d’infestation (un traitement curatif chaque 7 jours ou préventif chaque 14 jours).
Toutes ces conditions d’utilisation précisées dans l’arrêté du ministère de l’Agriculture, sont en conformité avec la réglementation phytosanitaire en vigueur au Togo. Même si le produit est biodégradable et qu’il présente un risque très faible d’intoxication, il est recommandé d’utiliser les équipements de protection individuelle (EPI), comme les bottes, la combinaison et le cache-nez avant de le pulvériser.
Une réglementation internationale tournée vers la protection
En 2019, l’Union Européenne interdisait l’emploi de certaines molécules de pesticide de type néonicotinoïde souvent utilisées dans l’enrobage des semences à cause du danger qu’elles représentent pour les abeilles, les pollinisateurs et autres insectes auxiliaires des cultures. Conséquence de l’accumulation de preuves scientifiques mettant en cause certains pesticides, cette interdiction est devenue une aubaine pour les fabricants de déverser leurs produits sur les marchés des pays en développement dont l’Afrique.
C’est pour parer à cette invasion de produits dangereux, que les décideurs des États membres des organisations intergouvernementales comme la CEDEAO, l’UEMOA et le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) ont veillé à prendre, depuis quelques années, une panoplie de mesures juridiques pour réglementer strictement la gestion efficace et sécuritaire des pesticides et autres intrants agricoles jugés dangereux.
Edem Kolani



