Togo/Afropreneuriat: Koumonim Aborayilo, la femme qui se fait un nom dans la coiffure masculine

L’entrepreneuriat est aujourd’hui l’une des voies permettant à la jeunesse africaine de sortir du chômage et du sous-emploi. Mlle Aborayilo Koumonim l’a si bien compris. Elle s’est investie contre vents et marrées dans un métier jusque-là réservé à la gente masculine. Lumière donc sur cette femme qui coiffe les hommes.

Une femme qui coiffe les hommes, c’est rarement vu à Lomé. Eh bien, c’est la passion de Koumonim qui depuis son jeune âge s’intéressait à la coiffure masculine. Depuis les bancs de l’école, celle-ci passait le clair de ses temps de distraction dans les salons de coiffure pour hommes, se rendant utile pour le nettoyage et les petits services d’entretiens du salon. Petit à petit la passion grandit au point de devenir une obsession.

Ainsi, dans une famille où elle était prédestinée pour une carrière administrative, Koumonim va surprendre plus d’un en déclamant sa flamme pour la coiffure homme. De là naitra des bisbilles avec son père visiblement pas d’accord avec la vision de sa fille.

Toutefois, ni les regards dédaigneux de ses amis abasourdis par son orientation, et les ragots de l’entourage du quartier ne viendront à bout de la détermination de celle qui croit dure comme fer qu’elle se fera un nom dans la coiffure masculine. Si bien entendu, cette période a été âpre pour Koumonim, le découragement n’a pas été au rendez-vous malgré les difficultés.

« La passion pour ce que j’avais en vision m’a donnée la force et le courage d’affronter tous les défis et les regards qui s’érigeaient en obstacles pour me barrer la voie », martèle-t-elle sur un ton confiant.

C’est ainsi qu’après son apprentissage et l’obtention de son diplôme en coiffure masculine, les membres de sa famille s’associent pour donner vie à son rêve. Elle ouvre donc  son salon de coiffure à Lomé au quartier Agoè-Atchanvé, et l’équipe en tout point. Comme il fallait s’y attendre, le succès ne se fait pas attendre et les sceptiques d’hier deviennent  les abonnés d’aujourd’hui de son salon de coiffure.

« La première fois que j’ai mis pied dans ce salon de coiffure et que je l’ai vue, je lui ai demandé où est le patron ne sachant pas que c’était elle. Quelle n’a pas été ma surprise lorsqu’elle m’a dit que c’est elle la patronne. J’ai douté en m’asseyant pour qu’elle me fasse une coupe. Mais à la fin, le résultat était impeccable. Je suis un de ses fidèles clients », nous confie Firmin.

Celle qui hier suscitait rires et moqueries inspire aujourd’hui admiration auprès des jeunes filles du quartier. « Toutes les fois que nous la voyons, cela nous donne de l’espoir et nous faire dire qu’il n’y a rien d’impossible pour une femme. L’essentiel est d’avoir la passion et la détermination pour ce que l’on veut faire », affirme Afiwa.

A l’endroit de la jeunesse, le message de Koumonim Aborayilo est clair : une idée constamment nourrie est plus forte que toutes les oppositions réunies.

AVEC Canal D

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