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Togo: A Agou, l’Association Essolyn pour le Développement redonne de l’espoir aux populations défavorisées

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A Atakpamé dans la préfecture de l’Ogou, dans la région des plateaux, une association fait parler d’elle de par la portée de ses actions qui touchent essentiellement la vie des communautés de base défavorisées de cette région. Loin de ses associations qui n’existent que de nom, l’ « Association Essolyn pour le Développement » (AED), puisque c’est d’elle qu’il s’agit, œuvre de façon pratique pour améliorer les conditions de vie socioéconomique et culturelle des populations à la base, ceci dans une approche inclusive et participative.

Tout commence dans les années 2009 par une passion qui monte dans le cœur de Tchangai Essohouna épse LANWI, artiste de son état et actuelle présidente en exercice de l’association. Au cœur de ses passions, promouvoir la scolarisation des enfants démunis et subvenir à leurs besoins à travers une prise en charge alimentaire et sanitaire, une mission première animée autour de Madame Tchangaï par une équipe forte et dynamique. Ce faisant, elle décide six ans plus tard, soit en 2015 de traiter le problème à la racine. « Nous nous sommes rendus compte que pour finir avec la pauvreté et la misère de ces enfants, il va falloir amener les parents à s’auto suffire », confie Mme Tchangai.

Dès lors, l’association sillonne tous les villages de l’Ogou et de l’Est Mono, principalement Elavagnon pour des sensibilisations avec un seul message: La nécessité de mutualiser les efforts en se retrouvant en groupement de femmes et d’hommes pour vaincre la pauvreté. Le message passe et reçoit l’adhésion des populations à la base. 15 groupements sont formés au sein de plusieurs villages des préfectures de l’Ogou de l’Est Mono et fonctionnent sur la base d’un système de tontine.

Grâce à l’appui d’un bienfaiteur, commence la production de savon, car le constat qui est fait par la promotrice dénote du manque de savon dans ces familles démunies qui sont obligées de parcourir de longues distances pour s’en procurer au marché d’Atakpamé. Se donnant ensuite la main d’association, les membres des différents groupements bâtissent avec des briques en terre battue des bâtiments de fortune qui serviront de stockage pour le savon. Ce savon produit par l’association AED est aujourd’hui commercialisé dans plusieurs points de vente à Atakapamé.

Mais le savon seul ne suffit pas. Les terres étant fertiles avec une pluviométrie favorable, l’association se lance dans la culture du coton. Avec l’appui technique de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT), l’AED, cultive du coton sur une surface de 6 hectares et demie. Après les récoltes, une partie des bénéfices issus de cette culture sert de dividende à tous les membres. Une autre partie est reversée à la caisse de l’association pour effectuer des réinvestissements et la troisième partie sert pour les besoins de santé des membres.

Outre la production du savon et la culture du coton, l’association s’est lancée dans la fabrication de moutarde à base de graines de néré. « Nous avons constaté que nombreuses sont les personnes dans ces villages qui souffrent des maux d’yeux, d’hypertension artérielle à cause de la consommation des bouillons et cubes industriels. Pour inverser cette tendance, et éliminer la consommation de cube, nous avons encouragé la fabrication de moutarde à base de graines de néré. Cette moutarde nous sert à faire du cube made in Togo fait en poudre et commercialisé à Atakpamé » explique le secrétaire général de l’association, Séwa Koudjo Natenaya.

Par ailleurs, la proximité du fleuve Mono est un atout pour le maraichage qu’entreprend également l’association dans le village de Landa afin de sortir ses membres de la pauvreté.

A en croire la présidente de l’association, Tchangai Essohouna épse LANWI, le vrai travail a été celui de changer les mentalités.

« Plusieurs d’entre eux s’étaient résignés à vivre dans la pauvreté du fait qu’il résidaient en pleine campagne. Nous avons dû leur faire comprendre que la richesse vient de la terre et que ces terres sont au contraire un tremplin pour leur permettre d’en finir une fois pour toute avec la pauvreté » laisse-t-elle entendre.

A ce jour, 35 enfants dont dix étudiants sont pris en charge par l’association. Grace aux multiples actions de l’AED, 300 personnes avec près de 90 pourcent de femmes arrivent à se prendre en charge eux et leurs familles. Si ses actions sont à encourager, elles se font néanmoins sans aucun soutien extérieur. « Les moyens financiers sont notre véritable défis pour faire beaucoup plus. Car il y a beaucoup à faire ici. » conclue madame Tchangai.

Les perspectives de l’association pour l’année 2020, sont de doubler les superficies cultivables pour la culture du coton et le maraichage. Aussi, l’association entend-t-elle démarrer la culture du Sodja afin d’avoir plus de ressources pour subvenir aux besoins des enfants dont elle a la charge.

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