Togo/ProMangue : des pièges à paraphéromones pour lutter contre  les  mouches de fruits dans les vergers de manguiers greffés 

La production mondiale des fruits est en plein essor ces 30 dernières années. Malheureusement, cette production est menacée, car les plantes fruitières sont sujettes à des attaques d’insectes. 

Au Togo comme en Afrique de l’Ouest, la filière mangue revêt d’une importance particulière dans la diversification de revenus, la création de richesse, la contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle , au développement économique et sociale. 

Cependant, elle n’est pas en reste de la problématique de la mouche des fruits. Afin d’apporter sa contribution dans la lutte contre ces insectes nuisibles, l’Université de kara , dans son plan stratégique décennal 2014-2024 de positionnement d’une université au service des communautés et faisant du développement du secteur agricole un de ses principaux pôles d’intervention en matière pédagogique et de recherche, a initié a travers un projet en collaboration avec un expert Israélien et PPAAO-Togo , l’introduction d’une méthode de lutte durable à base de pièges à paraphéromones contre les mouches de fruits dans les vergers de manguiers greffées au Togo.

Au terme de ce projet, l’université de kara en collaboration avec ces partenaires dont le PPAAO-TOGO ont  présenté ce vendredi à Lomé un rapport final du Projet ProMangue.

LIRE AUSSI: Togo : 34. 500.000 FCFA pour les producteurs de mangues   grâce au Mifa SA

A en croire M. Mario Abouwio , Enseignant Chercheur de l’Institut Supérieur des Métiers de l’Agriculture (ISMA) , le Projet ProMangue est subdivisé en trois volets : le premier volet est l’état des lieux de la production de la transformation et la commercialisation de la mangue greffée au Togo, le second volet consiste à faire l’évaluation d’une méthode de lutte durable contre les mouches des mangues , et la troisième partie est pilotée par l’Institut de Conseil d’Appui Technique (l’ICAT) qui a été de rassembler les producteurs, et les commerçants de mangues greffées au Togo.

Concernant la méthode de lutte durable contre les mouches des mangues , elle se fait à base de piège de para-phéromones ,  des substances alimentaires mélangés à des insecticides capables d’attirer les insectes nuisibles afin de réduire considérablement leurs impacts sur les arbres fruitiers. 

«  Les pièges contiennent un peu de substance active dénommée le spirazole qui permet de stériliser les mouches, mais à long terme. Les autres composantes sont des accessoires chatouillants pour attirer les mouches. Ce piège n’a pas d’impact sur l’environnement, car la substance active est d’une quantité de 0,007 mg. La méthode est biologique et assez efficace, elle accompagne toute la campagne de la production des mangues greffées. Avec 20 pièges, on peut couvrir 20 ha de plantations fruitières. Par contre l’étude en question qui a couvert toute l’étendue du territoire s’est faite sur au total 1523 ha. », explique t-il.

LIRE AUSSI: Éradication des mouches de mangue : l’Université de Lomé et de kara exigent la création d’un centre d’excellence

Par ailleurs, une étude sur les paramètres bio écologiques de ces ravageurs, de leur plante-hôtes et de leurs ennemis naturels a été effectuée par un Chercheur du Laboratoire d’Entomologie Appliquée à l’Université de Lomé au Togo.

Cette étude a permis de répertorier au total 35 espèces de « mouches de fruits » dont la plus importante est le « Bactocéra Dorsalis », une espèce exotique originaire d’Asie qui a été introduite accidentellement en Afrique en 2003. Cette espèce de « mouche de fruits » infeste environ 17 plantes dont les plus importantes économiquement sont les manguiers, les anacardiers, les orangers, les avocatiers, les citronniers… Son hôte de prédilection reste, toutefois, les manguiers sur lesquels l’étude a révélé le niveau d’infestation le plus élevé (26,73 mouches/Kg de mangues).

Selon l’auteur de l’étude, Dr Mondjonesso Gomina, neuf ennemis naturels ou parasitoïdes du « Bactocéra Dorsalis » ont été inventoriés au Togo.

« L’objectif était de faire l’inventaire et de promouvoir les ennemis naturels de ces Théphridea dans le cadre d’une lutte biologique à mener contre ces ravageurs» explique-t-il.

Pour rappel l’Université de Kara, conformément à son plan stratégique décennal 2014-2024, s’est fixée comme but de devenir et de demeurer un acteur principal du développement économique, technologique et socio-culturel de notre pays ; ceci, en intégrant dans son fonctionnement les orientations des référentiels Qualité du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement  Supérieur (CAMES). Cette résolution l’a conduite à procéder, entre autres mesures, à la modernisation de la formation et à l’innovation dans la recherche. 

kofi Meser

 

- Publicité -spot_img

Laisser un commentaire

lire la suite

Articles récents