COVID-19 : l’Afrique face aux défis des importations de produits agroalimentaires

L’apparition du coronavirus en Chine fin 2019 et sa propagation dans les pays africains  a rapidement impacté les entreprises agroalimentaires.  Au Togo, les effets se font déjà sentir à travers les produits de ce secteur et la situation pourrait s’aggraver en fonction des mesures qui y seront prises pour limiter la propagation du virus.

Interrogé par nos confrères de lalettreagricole.info, le  promoteur de pain à base de manioc, Daniel Agblévon  estime que le gouvernement doit renforcer les mesures  pour amortir les chocs de la pandémie vis-à-vis de l’approvisionnement des produits alimentaires et agricoles.

« Avec le confinement partiel déjà en cours au Togo, il faudrait encourager le gouvernement à renforcer des mesures pour faciliter l’approvisionnement des produits alimentaires et agricoles. Par exemple, depuis quelques jours, notre commande de matière première est bloquée au nord du pays car il n’y a pas de bus rentrant directement à Lomé.  Aussi nos livraisons sur le Ghana sont bloquées. Par conséquent, nos productions ont chuté de plus de 65% alors que nous avons des charges fixes. Nous attendons du gouvernement des mesures concrètes pour amortir les chocs. », réclame-t-il.

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Quand à la question de la consommation du manioc sans ambiguïté avec cette pandémie, il rassure. « Selon plusieurs études, le manioc est très bon pour renforcer notre système immunitaire, c’est pourquoi, le pain complet à base de manioc que nous appelons « Blibo » est déjà mis sur le marché national. Ce pain est composé de la farine complète et de la farine de manioc auxquelles nous avons ajouté les nécessaires pour avoir un goût et faire lever un peu la pâte avant l’enfournement à une température donnée pour garder les nutriments des farines actifs dans le pain. Ce pain peut faire des jours. Même le pain complet des supermarchés ne peut se comparer au pain « Blibo » à base de manioc car il y a du blé blanc dans l’autre. »

L’Afrique dépendante des importations en première ligne

Mais voilà que plus de trente-deux pays africains ont fermé leurs frontières. Chaque année, les échanges de riz, soja, maïs et blé permettent de nourrir 2,8 milliards de personnes dans le monde, dont 212 millions en situation d’insécurité alimentaire chronique et 95 millions en situation d’insécurité alimentaire grave, selon le PAM. Pour  » de nombreux pays pauvres, les conséquences économiques seront plus dévastatrices que la maladie elle-même « , prévient cette agence onusienne dans un rapport publié vendredi.

 L’Afrique, et en particulier l’Afrique subsaharienne qui a importé plus de 40 millions de tonnes de céréales en 2018, est le continent le plus menacé. La Somalie et le Soudan du Sud sont les plus exposés à une perturbation des approvisionnements en céréales, tandis que d’autres pays, comme l’Angola, le Nigeria et le Tchad, sont tributaires de leurs exportations pour payer les importations de denrées.  » Si les marchés mondiaux des céréales de base sont bien approvisionnés et les cours globalement bas, les denrées doivent voyager des greniers du monde vers leurs lieux de consommation.

Les mesures de confinement mises en place pour lutter contre le Covid-19 commencent à poser des problèmes à cet égard « , s’alarme le PAM.

Il faut noter, que le jeudi 2 avril, un plan d’aide humanitaire d’urgence d’un montant de 715 millions de dollars pour venir en aide à un tiers de la population du pays a été lancé par l’ONU. Cet effort vise à fournir en priorité de l’aide alimentaire, mais aussi en matière de santé, d’hygiène, d’accès à l’eau ou au logement à 5,6 millions de personnes particulièrement vulnérables face au Covid-19.

Kofi Meser

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