Accueil Actualité Togo/ Réchauffement et salinisation des eaux : vers une suspension des...

Togo/ Réchauffement et salinisation des eaux : vers une suspension des activités du littoral ?

69
0

Les activités du littoral en particulier l’aquaculture contribuent aujourd’hui pour environ 50 % à l’approvisionnement en ressources aquatiques destinées à la consommation humaine.

Cette part est amenée à s’accroître dans  l’avenir compte tenu de la stagnation des captures liées à la pêche.

Si un certain nombre de travaux ont été effectués en vue d’évaluer l’impact du changement climatique sur la pêche, peu a encore été  fait dans le secteur  du maraîchage dans le littoral au Togo.

Et pourtant l’eau de mer qui est salée avec l’avancée de l’érosion côtière et des activités du littoral imprègne les terrains au voisinage des côtes et pénètre les cours d’eau au niveau des estuaires et peut ainsi donner lieu à des salinisations des eaux souterraines en relation hydraulique avec les eaux de surface.

L’eau de salinisation impacte négativement les cultures maraichères 

Selon les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’élévation du niveau de la mer atteindra des hauteurs de 34,16 à 74,22 cm en 2100 pour le scénario optimiste et de 90,28 cm à 120 cm en 2100 pour le scénario pessimiste.

LIRE AUSSI: Togo/Résilience des zones côtières : 8,9 millions $ pour la subsistance des populations du littoral

Il en résulte que quelle que soit la hauteur, l’élévation du niveau de la mer , elle entraînera notamment l’intrusion des eaux salines dans le système lagunaire et dans les zones des embouchures de la volta et du mono avec pour conséquence la salinisation des eaux des fleuves et des nappes phréatiques et qui aura un impact sur les populations riveraines des lagunes qui y tirent leurs revenus.

Il sera également observé un impact sur les maraîchers installés le long de la zone côtière. En effet  les maraîchers seront affectés à travers la perte de leurs activités.

Sur cette problématique, Monsieur Azankpo Komla, le Point Focal de la  Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatique (CCNUCC) au Togo,  travaillant au ministère de l’environnement, du développement durable et de la protection de la nature, affirme que  l’état serait entrain de prendre des mesures pour suspendre toutes sortes d’activités sur le littoral face aux  effets pervers des Changements Climatiques.

«  L’eau de mer est salée et avec l’avancée de la mer, elle impacte véritablement les eaux souterraines et par ricochet, l’eau salée contamine les eaux souterraines, et cela, entraîne la salinisation des eaux en question qui irriguent les cultures maraîchères. »,  déclare  t-il.

Et d’ajouter ” On observe  par exemple qu’au niveau des cultures de tomates avec une salinisation, les tomates peuvent avoir un problème de conservation après leur production, elle ralentit les activités des maraichers.  Et face à cette situation les populations du littoral devront surseoir toutes leurs activités au profit  d’autres  zones plus propices à leur exploitation agricole .”

En effet, dans les zones littorales, les aquifères d’eaux souterraines d’eau douce sont en contact avec l’eau salée d’origine marine, qui envahit plus ou moins les formations géologiques côtières. L’eau douce d’une densité moindre que l’eau salée, « flotte » sur l’eau salée.

Généralement, les puits qui servent au maraîchage dans la zone portuaire ne sont pas profonds et la salinité de l’eau de mer influence.

LIRE AUSSI: Afrique de l’Ouest : L’absence de recherche fait résister le phénomène de l’érosion côtière

Il est vrai aussi que l’eau de mer influe sur le comportement des végétaux. Cependant les eaux souterraines qui se situent dans la zone du littoral au Togo sont imbuvables à en croire le professeur Agbalenyo Kossi, Directeur Exécutif de l’ONG AGIDE.

« Suite à l’usage des pesticides et des produits chimiques dans les cultures maraîchères dans le littoral et surtout que les zones en question sont essentiellement sableuses, ces produits atteignent facilement la nappe phréatique qui n’est  pas assez loin. Et donc les eaux qui sont utilisées à faire le maraîchage dans ces zones sont impropres à la consommation humaine. » , affirme t-il.

Il propose face à cette situation, la cessation de l’usage des pesticides et l’adaptation d’une agriculture biologique.

« Il faut que d’autres mesures suivent afin de mettre fin non seulement au glyphosate, mais aussi à d’autres molécules chimiques qui sont utilisées par les producteurs maraîchers. », ajoute t-il.

De fait, face au changement climatique, deux stratégies sont possibles. La première, adaptative, consiste à mettre en œuvre des solutions qui permettent de prendre en compte les modifications du milieu (espèce adaptée, sélection de site) ; la deuxième consiste à imaginer des systèmes où les facteurs du milieu sont rigoureusement maîtrisés. Réciproquement, l’impact de l’aquaculture sur le changement climatique est évoqué.i

Edem Kolani

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here