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Togo/Journée de l’hygiène menstruelle : près de 50% de filles ne savent pas que les menstruations sont un phénomène naturel

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L’accès à l’Eau potable, Hygiène et Assainissement, est primordial pour  une meilleure gestion des menstruations selon l’ONG  Jeunes Volontaires pour l’Environnement.

Célébré chaque 28 mai la journée d’hygiène menstruelle  vise à briser les tabous et à sensibiliser à l’importance d’une bonne hygiène menstruelle chez les femmes et en particulier les adolescentes à travers le monde.

Au Togo en 2017 , une étude  sur  la  Gestion  de l’Hygiène  Menstruelle(GHM) a  été  commanditée  par  l’ONG BØRNEfonden et exécutée par le cabinet Bureau d’Ingénierie et de Services (BIS Afrique)  à  évaluer  le  niveau  des  connaissances,  attitudes  et  pratiques  des  jeunes  filles  et femmes  en  matière de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle(GHM)

Selon les données compilées par cette étude,  la  presque  totalité  des  filles  enquêtées  (99%) a déclaré  avoir  une  fois  entendu parlé qu’une fille  passe  ses  règles.

Environ 5  filles  sur  10  (53%)  estiment  que  les  règles  sont  un phénomène  naturel  et  physiologique  et  28%  ont  déclaré  que  les  règles  sont  des  saletés  de  la femme, des déchets de l’organisme ou une odeur gênante.

Par ailleurs, les filles enquêtées de la  zone d’intervention  de BØRNEfonden cernent  mieux  (62%)  la  notion  des  règles  que  les filles enquêtées de la zone non BØRNEfonden(43.7%).

Ces informations montrent déjà que les  filles  ont  besoins  de  sensibilisation  pour  dissiper  les  fausses informations en  matière  de croyance  car  plus de  4  filles  enquêtées  sur  10 (47.2%) ne  savent  pas  que  les  menstruations sont  un  phénomène  naturel ;ce  qui  pourrait  les  conduire  à  poser  des  actes  ignorants.

  Les mêmes  données  ont  révélé  que  les  filles  non  instruites  ont  le  niveau  de  connaissance  le  plus  faible (43.5% d’analphabètes) alors que 57% du niveau primaire et 52.5% du secondaire considèrent les  règles  comme  un  phénomène  biologique.

 Selon  les  personnes  interrogées,  l’âge  à  la première règle oscille entre 10 et 18 ans avec une moyenne estimée à 13 ans.

L’étude a montré que 44,3 % des répondants ont avoué ne pas avoir reçu des informations sur les menstruations avant la survenue de leur première règle.

Pour celles qui en ont  reçue, les échanges ont porté sur  l’utilisation des serviettes/tissus/linges(65.7%), l’interdiction d’avoir des  rapports  sexuels  en  ce  moment  pour  ne  pas  tomber  enceinte  (43.1%),  comment  rester propre ou se laver (32.4%), les comportements et les activités à éviter pendant les règles (9%) et  la  gestion  de  la  douleur  (4.6%).  Les personnes  qui  ont  fourni ces  informations  ou  idées parfois fausses  aux jeunes filles ou adolescentes sont les mères (51.7%), ensuite  leurs sœurs(18.7%),  des  amies  (9.8%)  et  des  enseignants  (7.5%).  Ainsi  les  fausses  informations  sont partagées et se diffusent d’une génération à l’autre. Seules les actions concrètes sur le terrain pourraient inverser cette tendance.

 Les  filles  enquêtées  et  qui  ont  déjà  eu  leurs  premières règles ont déclaré avoir des interdits au moment des menstruations et ces interdits proviennent en  majorité  des  parents  (62.5%)  et  un  peu  de  la  culture  (20.2%).  Il  leur  est  généralement interdit au moment des menstruations de faire la cuisine (52,4%), d’avoir des rapports sexuels (28%), d’aller chercher de l’eau ou du bois (21%), de faire de la prière (13%) ou encore de manger en famille (8%).

Quelques déclarations notées lors des focus groupes ont confirmé ces données  quantitatives:

«Dans  notre  culture  ici il  y  a  un  certain nombre d’interdictions: par exemple la fille ou la femme ne doit pas entrer dans le champ d’igname ou ne doit pas cuisiner  quand  elle  est  dans  ses  menstruations  (Sarakawa)».

  «Dans  notre  culture  quand une femme est en menstruation, elle ne doit pas préparer la nourriture à son mari donc le mari mange dehors jusqu’à ce qu’elle ne finisse de passer les règles (Kpalimé)»; «Une fille en menstruation ne doit pas aller à la mosquée. Les règles sont des saletés qui gâtent les prières.  Une  fille  en  menstruation  ne  doit pas s’approcher du lieu de préparation des produits (tisanes, décorsions…) (Kaboli)»; «Si la fille est en règle on dit qu’elle ne doit pas aller dans le couvant, elle ne doit pas participer aux cérémonies traditionnelles (Kouvé)».

L’analyse des  données  recueillies  indique que les filles enquêtées  font  usage  de différents types  de  matériels de protection pour absorber l’écoulement du sang lors des périodes des menstrues.  On  retient  principalement  deux  types  de  matériel  dont  les  serviettes  hygiéniques (48,1%) et les tissus/linges (42,8%).

La non utilisation des serviettes hygiéniques par certaines filles s’explique par plusieurs facteurs, notamment le manque de moyen pour les acquérir, les méconnaissances  par  ces  jeunes  filles  et  les    préjugés  ou  des fausses  idées qui  hantent  les esprits des filles.

S’agissant de la gestion de l’hygiène corporelle et du matériel de protection utilisé pendant la période des règles, les données indiquent qu’en moyenne les  filles  enquêtées  changent  trois (03)  fois  leur  protection  par  jour  pendant  leur  période  de  menstruations.  Selon  les  mêmes données, 84,2% des filles enquêtées ont déclaré qu’elles arrivent à laver leurs mains après le changement  de  leur  matériel  de  protection  (serviettes  hygiéniques  ou  les  tissus/linges  ou  les slips).

 Il  y  a  lieu  de  préciser  que  cette  proportion  inclut  celles  qui  ont  déclaré  qu’elles effectuent toujours le changement de leur protection qu’au moment  où elles prennent leur douche.  Celles qui n’arrivent pas à laver leurs mains avec du savon après le changement de leur matériel ont justifié ce comportement par le manque d’eau/savon ou de l’ignorance. Par ailleurs, il ressort des informations recueillies qu’en moyenne les filles enquêtées prennent leur douche trois (03) fois par jour.

 Par rapport à la gestion de l’hygiène menstruelle à l’école, il ressort de cette étude que les écoles ne disposent pas des infrastructures adéquates pour permettre aux filles d’être à l’aise lors de leurs menstruations. S’agissant de l’enseignement portant sur  la  sexualité  complète  à l’école plus   de   68% des  élèves  enquêtées  ont  déclaré  qu’elles ne      reçoivent   aucun enseignement sur l’éducation sexuelle mettant un focus sur la GHM.

 Abordant   les   questions   liées   à   la   gestion   du   matériel   hygiénique   usé, trois   modes d’éliminations  des  déchets  se dégagent.  Il  s’agit  de leur élimination en les jetant  dans  les toilettes  (35,8%),  de  leur  incinération  (34%)  et  de  leur  évacuation  en  les  jetant  dans  les poubelles (19,2%).

Kofi M.

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